Les gens qui nous aident, ça restera toujours marquant : témoignage d’un marin-pompier en Gironde

Par Inès Cussac

Publié le 1 août 2026 à 6h20

Samedi 25 juillet 2026, vers 18h. À Marseille, l’enseigne de vaisseau Florian est de garde à la caserne Saint-Antoine, après un impressionnant orage de grêle. Son téléphone retentit, l’ordre est donné. Trois heures plus tard, deux fourgons incendie et un véhicule de commandement partent sous son commandement vers Mérignac, en Gironde. Quatorze marins-pompiers sont à bord, prêts à lutter contre les incendies ravageant les forêts de pins du sud-ouest. Après une nuit de route, ils sont dirigés vers la commune de Sainte-Hélène, où ils doivent protéger les habitations et empêcher la propagation de l’incendie, qui engloutit des hectares de végétation depuis trois jours.

« Nous devions maîtriser un feu sur un terrain qu’on ne maîtrise pas. Dans cette zone, il y a des chemins sablonneux où les véhicules peuvent facilement s’embourber », se souvient Florian. Il souligne l’importance de l’aide des agriculteurs locaux, qui connaissent parfaitement leur terrain. « Grâce à eux, on était en sécurité. Il y en avait toujours un pour nous indiquer où passer. » Cette solidarité a marqué les marins-pompiers, qui ont passé 48 heures dans des conditions extrêmes.

Les agriculteurs ont également joué un rôle crucial en assurant le ravitaillement en eau des pompiers. Installés en « ligne d’appui » le long de la route, les pompiers étaient approvisionnés par des tracteurs. « On n’a pas vraiment l’habitude de travailler avec autant de solidarité. On n’a manqué de rien, on était autonome en eau », ajoute Florian.

« Le feu, c’est dangereux, ça fait peur, mais c’est notre métier et on s’entraîne pour ça. À côté, il y a tout ce qu’on ne voit pas. Les gens qui nous aident, ça restera toujours marquant », confie-t-il.

La journée se prolonge alors que la nuit tombe. Les camions se dirigent vers le gymnase de Lacanau, où une colonie de volontaires est prête à les accueillir. Vers minuit, la relève peut enfin souffler. Des lits d’appoint et des foodtrucks sont mis à disposition pour nourrir les pompiers. « On a rencontré tellement de gens. Des gens tristes, qui ont tout perdu et qui nous donnent tout. Ils nous voient un peu comme les sauveteurs de leurs terres », raconte Florian.

Après quelques heures de repos, les marins-pompiers retournent dans le brasier. Les 14 pompiers partis de Marseille le 25 juillet rejoignent leur caserne le 27, laissant la place à une nouvelle relève. Ce vendredi 31 juillet, d’autres marins-pompiers prennent le relais pour continuer la lutte contre les incendies.

« Dans le milieu des pompiers, le partage d’expérience est très important. On apprend beaucoup du retour des autres, c’est un métier où l’on transmet beaucoup », conclut Florian, désormais marqué par cette intervention.

Source : Inès Cussac, Actu.fr.

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