Automobile : pourquoi Mercedes pourrait faire les frais de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine – L'Express

Mercedes-Benz face à des restrictions potentielles sur le marché américain à cause de ses actionnaires chinois

Mercedes-Benz, le constructeur automobile allemand, pourrait se voir interdire la vente de ses véhicules aux États-Unis en raison de la détention de 19,67 % de son capital par deux actionnaires chinois. Cette situation survient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, où des sénateurs américains ont récemment proposé de renforcer les restrictions sur les véhicules connectés liés à des intérêts chinois.

La commission du Commerce du Sénat a adopté à l’unanimité, le 22 juillet, un projet de loi qui pourrait interdire la vente de véhicules connectés par toute entreprise détenue à plus de 15 % par des entités chinoises. Ce texte doit encore être validé par l’ensemble du Sénat, puis par la Chambre des représentants, mais il représente un tournant significatif dans la politique commerciale américaine.

Le projet de loi vise spécifiquement les véhicules connectés, qui peuvent communiquer des données à l’extérieur, suscitant des craintes quant à la sécurité nationale. Mercedes-Benz, bien que n’étant pas contrôlée depuis Pékin, fait face à un problème arithmétique : le constructeur public chinois BAIC détient 9,98 % de son capital, tandis que Li Shufu, fondateur de Geely, en possède 9,69 %. Individuellement, ces participations ne dépassent pas le seuil de 15 %, mais cumulativement, elles posent un problème.

Mercedes souligne que ses principaux actionnaires chinois n’ont pas de siège au conseil de surveillance et n’exercent aucun pouvoir sur ses décisions. Le constructeur a également plaidé pour un relèvement du seuil de participation chinoise à 25 %, ce qui le mettrait hors de portée de la législation actuelle. En outre, Mercedes fait valoir qu’elle soutient environ 160 000 emplois aux États-Unis grâce à ses usines en Alabama et en Caroline du Sud, ce qui pourrait influencer les décisions des législateurs.

Ted Cruz, président républicain de la commission du Commerce, a exprimé son scepticisme quant à l’adoption du projet de loi dans sa forme actuelle, suggérant une évaluation qualitative des risques plutôt qu’une limite stricte. Il a également précisé que le constructeur aurait jusqu’en 2030 pour se conformer aux nouvelles régulations et pourrait demander des dérogations.

Cette situation soulève des interrogations sur les motivations derrière la législation, certains accusant General Motors de vouloir affaiblir Mercedes-Benz au profit de sa propre marque Cadillac. Les tensions commerciales entre les deux géants de l’automobile pourraient conduire à des ajustements dans les chaînes de production, General Motors cherchant déjà à réduire sa dépendance vis-à-vis des composants chinois.

Les implications de cette législation pourraient également affecter d’autres constructeurs, comme Polestar et Volvo, qui ont déjà rencontré des difficultés sur le marché américain en raison de préoccupations similaires concernant la sécurité des données.

Source : L’Express

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