Et si votre médicament figurait sur la liste noire 2026 ? Voici les 89 traitements courants à éviter

Et si votre médicament figurait sur la liste noire 2026 ? Voici les 89 traitements courants à éviter

Chaque année, la revue indépendante Prescrire examine le marché du médicament pour identifier les traitements jugés inutiles ou trop risqués. Son bilan pour 2026, publié début décembre 2025, recense 108 médicaments « à écarter », dont 89 restent commercialisés en France.

Pourquoi ces médicaments sont pointés du doigt

Le critère retenu par Prescrire repose sur la balance bénéfice-risque. Les médicaments concernés exposent souvent les patients à des risques excessifs par rapport à d’autres traitements disponibles ou présentent des effets indésirables disproportionnés par rapport à leur efficacité. Certains d’entre eux ne font même pas mieux qu’un placebo, rendant leur usage superflu, malgré leur ancienneté sur le marché.

Le Spasfon, un cas emblématique

Le phloroglucinol, connu sous le nom de Spasfon, est l’un des traitements visés. Bien qu’il soit en vente libre en France, ses effets indésirables, tels que des réactions allergiques et, très rarement, le syndrome de Lyell, sont bien documentés. Son efficacité pour les douleurs intestinales ou gynécologiques reste incertaine.

Rhume, toux : des remèdes d’hiver contestés

Parmi les traitements courants, certaines argiles médicamenteuses, comme la diosmectite (Smecta), sont critiquées pour leur potentiel à contenir du plomb, une substance neurotoxique. Les sirops antitussifs comme l’oxomémazine (Toplexil) et l’ambroxol (Muxol) présentent également des risques d’effets indésirables sans démontrer une meilleure efficacité qu’un placebo. Le géfapixant (Lyfnua), un nouveau traitement de la toux chronique, est également ajouté à la liste en raison de son efficacité modeste et de ses effets indésirables fréquents.

Maux de gorge et douleurs articulaires

Les pastilles pour les maux de gorge, telles que l’alpha-amylase (Maxilase), ne montrent aucune efficacité clinique et peuvent provoquer des réactions allergiques graves. Pour les douleurs articulaires, des anti-inflammatoires comme l’acéclofénac (Cartrex) et le diclofénac (Voltarène) sont signalés pour augmenter le risque de mortalité cardiovasculaire.

Antidépresseurs : la prudence s’impose

Certains antidépresseurs, comme l’agomélatine (Valdoxan), n’ont pas démontré d’efficacité supérieure à celle d’un placebo et peuvent entraîner des hépatites ou des réactions cutanées. Le citalopram (Seropram) et l’escitalopram (Seroplex) présentent un risque accru en cas de surdosage.

Deux autres ajouts en 2026

La liste s’enrichit également de l’andexanet alfa (Ondexxya), utilisé dans les hôpitaux pour contrer certaines hémorragies graves, mais qui présente un risque thromboembolique important. De plus, le fézolinétant (Veoza), un traitement non hormonal pour les bouffées de chaleur, est mentionné pour son bénéfice limité et des risques hépatiques.

Un rappel essentiel : l’automédication comporte des risques, et il est crucial de consulter un professionnel de santé pour choisir un traitement réellement utile et sûr. Cet article ne constitue pas un conseil médical et n’invite pas à interrompre un traitement en cours ; si l’un de ces médicaments vous a été prescrit, il est recommandé d’en discuter avec votre médecin ou votre pharmacien.

Source : Prescrire

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