Déficit de 40 % de pluviométrie : les Alpes-Maritimes placées en vigilance sécheresse
Face à un déficit de 40 % de pluviométrie et à la baisse des débits des cours d’eau, les Alpes-Maritimes sont placées en vigilance sécheresse depuis le 1er juin. Ce premier niveau d’alerte appelle à des économies d’eau avant l’été.
Il y a quelques semaines, les autorités redoutaient un manque d’eau et l’activation des mes de sécheresse pour la période estivale 2026, et ces craintes se sont concrétisées. Le préfet des Alpes-Maritimes a déclenché la vigilance sécheresse dans le département à compter du 1er juin, suite à la réunion du comité « ressource en eau » le 29 mai. Ce contexte est marqué par une dégradation progressive de la ressource en eau, se traduisant par un déficit de précipitations et une baisse des débits des cours d’eau. Bien que ce niveau de vigilance n’entraîne pas encore de restrictions obligatoires, il vise à anticiper une aggravation de la situation et à encourager dès maintenant les économies d’eau.
La situation hydrologique s’est installée dans la durée. Environ trois semaines auparavant, la préfecture avait déjà appelé les habitants à adopter une vigilance immédiate, en prévision d’un été potentiellement sec, notamment en ce qui concerne le cours d’eau de l’Estéron. Guillaume Chaffardon, chef du service eau de la Direction départementale des territoires et de la mer, a signalé une baisse de débit significative sur ce cours d’eau durant le mois d’avril. Actuellement, le débit est d’environ 3 m³ par seconde, un niveau observé habituellement à la fin du mois de juin lors des deux dernières années.
Les Alpes-Maritimes ont connu une saison de recharge limitée cet hiver, se concentrant principalement sur janvier et février. Cette situation est préoccupante, car les nappes phréatiques n’ont pas eu l’occasion de se recharger en quantité suffisante, et le mois d’avril a été particulièrement chaud. Eric Lefèbvre, directeur départemental des territoires et de la mer, a précisé que la région accuse deux mois d’avance dans la dégradation hydrologique, en raison d’un déficit pluviométrique de 40 % par rapport à une année normale.
Les conditions météorologiques défavorables se sont confirmées, avec des précipitations inférieures aux normales et des températures élevées, accentuant ainsi l’évaporation et réduisant les réserves d’eau disponibles. La vigilance sécheresse a donc été mise en place pour sensibiliser l’ensemble des usagers et encourager la réduction des consommations. Les autorités invitent la population à adopter des gestes de sobriété tels que la réduction de l’arrosage, la limitation du remplissage des piscines et la réparation des fuites.
L’objectif est d’éviter une aggravation de la situation qui pourrait conduire à des mes de restriction plus strictes durant l’été. Parallèlement, l’État travaille à l’actualisation de l’arrêté cadre départemental « sécheresse », qui vise à mieux encadrer les différents niveaux d’alerte et à adapter les restrictions selon les usages et les territoires. Une consultation du public a été ouverte au printemps 2026 afin de recueillir les observations des acteurs locaux.
Les services de l’État indiquent que la situation pourrait évoluer rapidement en fonction des conditions météorologiques des prochaines semaines. En cas de poursuite du déficit pluviométrique, des niveaux d’alerte supérieurs pourraient être déclenchés.
Source : Préfecture des Alpes-Maritimes
