Face à la sécheresse, l’inquiétude des agriculteurs : « On a besoin de toutes ces pommes-là »
La chaleur et la sécheresse qui sévissent depuis le printemps ont des répercussions sur les cultures en Normandie. Alors que la période de récolte des pommes ne débute normalement qu’en septembre, certaines pommes sont déjà brûlées.
Dès qu’il entre dans son verger, l’inquiétude monte pour Ludovic Merlier, producteur récoltant de cidre. Beaucoup de ces pommes sont déjà au sol, abîmées par la chaleur : « Ce sont des pommes qui ont vraiment pris le soleil, qui ont brûlé à cause du soleil et qui sont tombées. On ne peut pas les transformer. » Ces arbres, asséchés, souffrent du manque d’eau, à quelques semaines de la récolte prévue mi-septembre. « On a besoin de toutes ces pommes-là pour pouvoir les transformer en cidre, en calvados. Donc oui, ça nous fait mal au cœur de voir ça, oui, c’est sûr. On n’est pas habitué à ça », souffle-t-il.
Les pommiers affaiblis pourraient aussi donner moins de fruits l’an prochain, un scénario préoccupant pour Ludovic Merlier. Il produit en temps normal 50 000 bouteilles de cidre chaque année : « Je redoute que la production soit divisée par deux au moins au niveau du cidre. Je pense qu’on ne va même pas pouvoir produire de calvados cette année. Si on repartait sur une année 2027 identique à l’année 2026, ça deviendrait très compliqué pour la production. »
Pour sauver la production face à la sécheresse, la filière demande cette année une autorisation exceptionnelle de pouvoir arroser. « À partir du moment où le pommier est en production et que le verger sert à une appellation, l’irrigation ou l’arrosage sont interdits », rappelle Edouard Le Cain, président des producteurs de cidre AOP Pays d’Auge. Face aux changements climatiques, les producteurs réfléchissent à cultiver des variétés de pommes plus rustiques et plus résistantes.
Source : Franceinfo.


