Une insulte à notre histoire
Alors qu’il participait à une cérémonie à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français, un agent de surveillance de la voie publique (ASVP) d’Aubagne a été repéré avec deux tatouages très visibles, dont l’un affichant une devise SS.
Comme chaque année, une cérémonie à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France s’est tenue à Aubagne, le 19 juillet. Cette journée nationale réunit notamment les représentants de la communauté juive. Le président de la synagogue de la ville, Mickaël Siksik, était présent sur l’esplanade de Gaulle. Durant la cérémonie, il a reçu une gerbe de fleurs des mains d’un ASVP.
Tout semblait se dérouler normalement jusqu’à ce qu’une personne dans la foule repère deux tatouages troublants sur l’avant-bras de l’agent, avant de les photographier. Le premier tatouage arbore la phrase “Meine Ehre heißt Treue”, qui se traduit par “Mon honneur s’appelle fidélité”. Il s’agit de la devise des SS, une organisation du régime nazi. L’agent présente également une croix de fer, symbole militaire prussien réutilisé par le régime nazi.
Interrogé par La Provence, Mickaël Siksik a rapporté que Giovanni Schipani, adjoint à la sécurité du maire d’Aubagne, l’a informé que des photos de l’agent circulaient. Schipani aurait également affirmé que le tatouage reprenait la devise de la Légion étrangère, située à Aubagne, “Honneur et fidélité”.
L’homme qui a pris les photos des tatouages a porté plainte le 20 juillet. L’agent a été placé en garde à vue et sera jugé le 1er septembre 2026 pour apologie publique de crime et port d’insignes rappelant une organisation criminelle, selon le parquet de Marseille. Il a été suspendu à titre conservatoire.
L’agent a tenté de se défendre, affirmant qu’il ne connaissait pas la double signification de la phrase et qu’il ne voyait pas de connotation antisémite. Le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, a réagi par communiqué, déclarant que “l’apologie du nazisme est une insulte à notre histoire” et affirmant son intransigeance face à de telles idéologies.
La municipalité a exprimé ses excuses les plus sincères à la communauté juive et aux familles des victimes de la barbarie nazie, profondément heurtées par cette situation.
Source : La Provence


