Clément Cogitore et Kathryn Weir : « La petite île Ferdinandea raconte de grandes tensions dans le monde »
Jusqu’au 20 septembre, le Mucem de Marseille accueille l’exposition « Ferdinandea, l’île éphémère » de Clément Cogitore, qui explore l’histoire d’une île éphémère née d’une éruption volcanique en 1831. Cette exposition, fruit d’une collaboration avec l’écrivain Tristan Garcia et plusieurs commissaires, mêle documentaire et fiction pour raconter les tensions géopolitiques suscitées par cette île, qui a vu Français, Anglais et Siciliens se disputer son contrôle.
À l’été 1831, un volcan sous-marin provoque l’émergence d’un banc de matière volcanique entre la Sicile et la Tunisie. Cette nouvelle terre, bien que temporaire, représente un enjeu stratégique majeur, attirant l’attention de plusieurs puissances. Toutefois, en raison de l’érosion et d’autres facteurs géomorphologiques, l’île disparaît après quelques mois, laissant derrière elle des rêves de possession.
Clément Cogitore, qui utilise souvent la synecdoque dans son travail, présente Ferdinandea comme un microcosme des dynamiques impérialistes et de l’exploitation de la nature. En parallèle de son exposition, il prépare une mise en scène de La Flûte enchantée pour le festival d’Aix-en-Provence en juillet prochain.
Le film central de l’exposition, d’une durée de cinquante minutes, est accompagné de documents d’archives et d’images aux accents mystiques. Kathryn Weir, commissaire générale de l’exposition et ancienne directrice du MADRE à Naples, souligne l’importance de cette île dans le contexte des tensions internationales.
Cette exposition met en lumière non seulement l’histoire d’une île, mais aussi les enjeux contemporains liés à la possession et à l’exploitation des ressources naturelles.
Source : AOC Média.


