Portrait d’Abdelmalik Boufarit : Sculpteur de Talc à Foix
À Foix, Abdelmalik Boufarit partage son temps entre son poste à l’hôpital et son atelier de sculpture. Depuis plus de 30 ans, il donne vie au talc, une pierre qui lui est devenue familière.
Dans son atelier immaculé, les sculptures d’Abdelmalik Boufarit semblent flotter. Les œuvres, allant de la taille d’une main à plus de 10 kilos, sont toutes réalisées en talc, une matière qu’il a découverte en 1991 à son arrivée en Ariège. À cette époque, il travaillait à l’usine de talc de Luzenac et passait ses pauses à observer des saisonniers transformer des morceaux de pierre en objets décoratifs. Cette observation a éveillé en lui une passion pour la sculpture.
Une Passion Autodidacte
Abdelmalik Boufarit est un artiste autodidacte. Il a appris à sculpter en se basant sur des livres et des essais, car Internet était à peine émergent. « Il fallait chercher les informations partout. J’ai toujours été curieux, » explique-t-il. Au fil des années, il a affiné sa technique et développé une véritable affection pour le talc, qu’il considère comme une matière tendre permettant de créer presque toutes les formes imaginables.
Donner du Sens à Ses Sculptures
Aujourd’hui, chaque sculpture débute par l’observation d’un bloc brut. Boufarit imagine déjà la forme à l’intérieur, souvent sans faire de croquis préalable. Ses créations, qui se sont éloignées des reproductions fidèles, visent à raconter une histoire et à transmettre un message. Elles évoquent souvent des thèmes liés à l’humanité et aux parcours de vie, un reflet de son propre itinéraire, lui qui est né en Belgique de parents marocains.
Un Temps de Création Réduit
Depuis qu’il travaille au Centre Hospitalier Intercommunal des Vallées de l’Ariège (Chiva), le temps consacré à la sculpture s’est réduit. Ses heures de travail se concentrent désormais sur les soirées et les week-ends. Il réalise moins d’objets décoratifs en série et privilégie des créations plus personnelles. Les expositions, qui étaient autrefois plus fréquentes, se sont également espacées, avec trois à quatre présentations par an.
Conclusion
Abdelmalik Boufarit continue d’explorer le potentiel du talc, une matière qu’il considère comme intrinsèquement liée à son identité et à son parcours. Il observe avec attention les réactions des visiteurs dans son atelier, convaincu que le public joue un rôle essentiel dans son évolution en tant qu’artiste.
Source : La Dépêche


