La recherche de la vie sur la lune glacée de Jupiter, Europe, devient plus complexe
Europa a captivé les scientifiques pendant des décennies en raison d’un vaste océan d’eau liquide qui pourrait être dissimulé sous sa surface gelée. Cette mer enfouie fait d’Europa l’un des endroits les plus prometteurs du système solaire pour examiner si des conditions propices à la vie pourraient exister au-delà de la Terre. Cependant, de nouvelles recherches menées par le scientifique de Rutgers, Lujendra Ojha, indiquent que l’accès aux matériaux provenant de l’océan profond d’Europa pourrait être beaucoup plus difficile que ce que l’on croyait auparavant.
Dans une étude publiée dans Nature Astronomy, Ojha et ses collègues ont utilisé des simulations informatiques pour examiner si l’eau de l’océan global d’Europa pouvait remonter à travers des fractures dans la glace et s’accumuler dans des réservoirs souterrains peu profonds. Si de tels réservoirs existent, les futures missions spatiales pourraient potentiellement les détecter ou les échantillonner plus facilement que l’océan situé bien plus bas.
Les résultats suggèrent que le trajet de l’océan profond vers les couches supérieures de glace est beaucoup moins probable que ce que de nombreux scientifiques avaient supposé. Ojha a déclaré : « Il y a une coquille glacée, de l’eau en dessous, et toute cette spéculation sur la façon dont cette eau peut venir de profondeurs souterraines et remonter à la surface sans geler en chemin. C’est vraiment ce que nous pensons avoir réfuté. »
Cette conclusion pourrait avoir un impact significatif sur la façon dont les scientifiques interprètent les futures découvertes sur Europa. Si des vaisseaux spatiaux détectent des poches peu profondes d’eau liquide sous la surface, ces réservoirs pourraient ne pas contenir d’eau provenant de l’océan profond de la lune, mais plutôt avoir été formés lorsque des sections de la coquille de glace ont fondu localement.
Les découvertes sont particulièrement pertinentes alors que deux missions majeures se dirigent vers le système de Jupiter. La mission Europa Clipper de la NASA, lancée en octobre 2024, est prévue pour atteindre Jupiter en avril 2030 et effectuera 49 survols rapprochés d’Europa. La mission JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer) de l’Agence spatiale européenne, lancée en avril 2023, est prévue pour arriver à Jupiter en juillet 2031.
Ces missions devraient fournir une image plus claire de la coquille gelée d’Europa, de la chimie de sa surface et de l’eau potentiellement souterraine. Le radar à bord d’Europa Clipper pourrait aider les chercheurs à déterminer si des réservoirs peu profonds sont présents et à révéler leur taille et leur structure.
Les résultats de cette étude soulignent que la coquille de glace d’Europa pourrait être une barrière plus forte entre l’océan et la surface que ce qui était précédemment supposé, aidant ainsi les futures missions à interpréter leurs découvertes et à mieux comprendre où chercher des signes d’habitabilité.
Source : Nature Astronomy


