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Robert Del Naja de Massive Attack, ici lors d’un concert du groupe en juin 2026 au Portugal.
EN BREF
- Massive Attack fait l’objet d’une enquête à Singapour après avoir brandi un drapeau palestinien et scandé « Free Palestine » lors d’un concert.
- La loi locale interdit l’affichage de drapeaux étrangers sans autorisation sous peine d’emprisonnement ou d’amende.
- Le groupe est connu pour ses engagements pro palestiniens et son appel au boycott de l’Eurovision 2026.
Un drapeau, une enquête. Selon plusieurs médias locaux, dont le Straits Times, les autorités de Singapour ont lancé des investigations, jeudi 30 juillet, à l’encontre du groupe de musique Massive Attack, après que deux de ses membres ont brandi sur scène un drapeau de la Palestine lors d’une date dans la Cité-État.
« Nous allons coopérer avec les autorités compétentes, comme il se doit », a déclaré un porte-parole de Lushington, la société organisatrice du concert qui s’est tenu mercredi dans l’enceinte du Star Theatre, un établissement culturel d’envergure, d’une capacité d’environ 5 000 places.
Outre l’emblème rouge, noir, blanc et vert, les artistes britanniques ont également entonné le slogan « Free Palestine », repris en chœur par la foule, d’après des vidéos filmées sur place. Ce qui pourrait constituer une atteinte à la loi de Singapour.
D’après la BBC, il est interdit d’afficher en public des emblèmes nationaux étrangers, tels que des drapeaux, sans autorisation. Les personnes qui ne respectent pas cette règle s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 500 dollars singapouriens (environ 338 euros) et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois.
Le service public britannique a tenté de joindre les autorités singapouriennes pour avoir des nouvelles du groupe, sans succès. Les membres ont-ils été arrêtés ? Sont-ils retenus actuellement ? Aucune information n’est disponible. Il a cependant été confirmé que « des plaintes avaient été déposées et que des enquêtes étaient en cours ».
Massive Attack, massif soutien pro palestinien
Pionnier du trip-hop, le groupe Massive Attack a toujours défendu haut et fort ses engagements, que ce soit contre la guerre en Irak ou pour la défense de l’environnement. La guerre menée par Israël en Palestine a conduit ses membres à appeler à la création d’un grand collectif d’artistes pour défendre la liberté d’expression et dénoncer les pressions sur les voix qui s’élèvent contre la politique coloniale de l’État hébreu.
Comme Macklemore, Brian Eno, Peter Gabriel et Roger Waters de Pink Floyd, les légendes de Bristol ont rejoint, en avril, l’appel au boycott de l’édition 2026 de l’Eurovision, en raison de la participation d’Israël. « Nous refusons que l’Eurovision soit utilisé pour blanchir et normaliser le génocide », pouvait-on lire dans une tribune signée entre autres par leurs soins.
À l’inverse, le ministère de l’intérieur singapourien a appelé ses citoyens, en 2023, à faire preuve de réserve, les déconseillant de montrer tout signe de soutien au mouvement pro-palestinien. « Nous ne devons pas laisser les événements extérieurs affecter la paix et l’harmonie qui règnent à Singapour », a-t-il déclaré.
Au nom de la sécurité de cet État au sud de la Malaisie, où la peine de mort est toujours en vigueur, les autorités mènent une politique intransigeante à l’égard des incivilités. Récemment, un Français de 19 ans a échappé à la prison alors qu’il encourait trois mois d’emprisonnement pour avoir léché puis reposé une paille dans un distributeur de boissons.
Source : HuffPost, Straits Times, BBC


