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Les États-Unis confrontés à une pénurie d’intercepteurs dans leur guerre contre l’Iran

La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran soulève des inquiétudes quant à la capacité de l’armée américaine à faire face à la menace balistique du régime iranien. Les stocks d’intercepteurs, essentiels pour contrer les missiles balistiques iraniens, sont en forte diminution.

Depuis le début des hostilités le 28 février, l’armée américaine a largement utilisé ces missiles, mais cela pose désormais des questions opérationnelles. Selon un rapport du Centre d’études stratégiques et internationales (CESI), jusqu’à présent, les missiles iraniens « n’ont pas pu entraver les opérations des États-Unis ». Cependant, la situation pourrait évoluer.

Le CESI estime que le Pentagone dispose actuellement entre 759 et 827 intercepteurs du système Patriot, contre 2 330 avant le conflit. Les intercepteurs THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) sont également en baisse, passant de 450 à environ 250. Les analystes préviennent que cette diminution des stocks pourrait forcer les États-Unis et leurs partenaires à prendre davantage de risques lors des interceptions, car il n’existe pas d’alternatives viables aux systèmes Patriot et THAAD pour la défense antimissile balistique.

Laisser passer des missiles iraniens

Face à cette situation, le commandement militaire américain pourrait envisager de laisser passer certains missiles iraniens, à condition qu’ils ne menacent pas directement leurs bases ou soldats. Cette stratégie a déjà coûté la vie à trois soldats américains en Jordanie, portant à 18 le nombre total de militaires américains tués depuis le début des hostilités.

Le CESI a averti qu’une intensification du conflit mettrait à l’épreuve les capacités réduites d’interception. Le général Dan Caine, chef d’État-major interarmées, a également exprimé ses préoccupations concernant les stocks d’intercepteurs. Toutefois, le président Donald Trump a affirmé qu’il n’y avait pas de problème, déclarant : « Nous avons bien plus de munitions que n’importe qui d’autre au monde, et bien plus qu’il ne nous en faut. »

Un contrat à 58 milliards de dollars

Malgré la réduction des stocks, le Pentagone maintient sa capacité de défense. Récemment, l’armée a réussi à intercepter des missiles iraniens visant des forces basées au Moyen-Orient. Pour reconstituer ses stocks d’intercepteurs, le Pentagone a signé un contrat de 58,6 milliards de dollars sur sept ans avec Lockheed Martin pour la production de missiles Patriot, avec une promesse de livraison « à une vitesse inégalée ».

Cependant, il est à noter qu’un cessez-le-feu prolongé serait nécessaire pour permettre aux États-Unis de renflouer leurs stocks, une opération qui pourrait prendre jusqu’à trois ans pour retrouver les niveaux d’avant-guerre.

Source : Centre d’études stratégiques et internationales (CESI)

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