Le bilan d’une « recherche en train de se faire »
Le concept de souveraineté, qui accompagne la naissance de la modernité politique et juridique, se révèle être plus qu’un simple concept. Il exprime un « archipel conceptuel », dont la configuration et le développement ont été profondément influencés par l’élément religieux et le rapport à la religion. La dernière moitié du siècle dernier a cependant marqué une fracture significative dans cette histoire. La reconnaissance des droits de l’Homme par le droit positif impose une reconsidération des fonctions et des contours mêmes de la souveraineté, tant au niveau interne qu’international. Cette évolution a conduit à une souveraineté niée, reconfigurée et transformée grâce à l’action performative de ces droits.
Dans ce contexte, la question se pose : quel est le rapport entre souveraineté et religions à l’âge des droits de l’Homme ? De quelle manière les droits de l’Homme influencent-ils l’exercice des prérogatives souveraines de l’État envers les religions ?
L’interaction entre souveraineté et religion est complexe. Les États, tout en exerçant leur souveraineté, doivent prendre en compte les normes internationales relatives aux droits de l’Homme, qui incluent des dispositions sur la liberté de religion et de croyance. Par exemple, des instruments comme la Déclaration universelle des droits de l’Homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipulent que toute personne a le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.
À l’échelle européenne, une étude de l’Eurobaromètre de 2022 a révélé que 73 % des citoyens de l’UE considèrent la liberté religieuse comme un droit fondamental. Cela souligne l’importance croissante de la prise en compte des droits religieux dans les politiques nationales.
Cette dynamique entraîne des conséquences directes sur l’exercice des prérogatives souveraines des États. Par exemple, plusieurs pays ont dû adapter leurs législations pour garantir la liberté de religion, ce qui a parfois conduit à des tensions entre les lois nationales et les pratiques religieuses.
En conclusion, la relation entre souveraineté et religions à l’âge des droits de l’Homme nécessite une réflexion approfondie. Les États doivent naviguer entre l’affirmation de leur souveraineté et le respect des droits fondamentaux, notamment en matière de liberté religieuse.
Source : Eurobaromètre 2022
