Mali : la détresse des déplacés de Kouakourou
Au Mali, depuis deux semaines, environ 5 000 habitants de Kouakourou, située dans le centre du pays, ont été contraints de fuir leur domicile. Après avoir pris le contrôle du camp militaire de la ville, les jihadistes du Jnim, affiliés à Al-Qaïda, ont ordonné à la population de quitter les lieux. Certains déplacés se sont réfugiés dans les villages environnants ou à Djenné, tandis que d’autres ont rejoint la capitale, Bamako, ou encore Mopti, où les autorités locales les ont temporairement logés dans une école.
Un habitant de Kouakourou, contacté par la rédaction en mandenkan et fulfulde de RFI, a partagé son expérience. « Lorsque nous sommes arrivés à Mopti, nous avons été installés dans une école. On nous a donné beaucoup de choses : du riz, du thé, du sucre, de l’huile, du lait en poudre… », a-t-il déclaré, remerciant une personne dont il a souhaité garder l’anonymat, tout en précisant que la mairie organisait les distributions d’aide.
Cependant, la vie dans l’école s’avère difficile. « Certains dorment dehors, dans la cour. Quand il pleut, nous sommes tous entassés dans les salles de classe. C’est très dur. La nourriture ne manque pas, mais ce n’est pas une vie. Dans l’école, nous sommes plus de 400. » Aujourd’hui, Kouakourou est complètement déserté. Les habitants, face à l’ultimatum des jihadistes, n’avaient d’autre choix que de fuir. « Être obligé de quitter sa maison, d’abandonner tout ce qu’on a, c’est horrible. Ce que nous souhaitons plus que tout, c’est pouvoir rentrer chez nous. Certains sont partis avec les vêtements qu’ils portaient sur eux, et rien d’autre. Les terroristes ont même pris nos téléphones. De plus, nous étions en pleine préparation de la campagne agricole. Nous allons devoir faire une croix sur cette saison, et c’est très regrettable », a-t-il ajouté.
La situation à Kouakourou illustre les défis croissants auxquels sont confrontés les habitants du Mali, en proie à l’insécurité et à la violence des groupes armés.
Source : RFI


