Une légère réduction du sommeil favorise la prise de poids

Une légère réduction du sommeil favorise la prise de poids

L’essentiel

Selon des chercheurs de l’Université Columbia (New York), réduire légèrement son temps de sommeil pendant quelques semaines seulement pourrait avoir des effets concrets sur la santé : prise de poids, sédentarité accrue et risques métaboliques en hausse.

Le sommeil et la prise de poids sont étroitement liés. D’après une étude menée par des chercheurs du Vagelos College of Physicians and Surgeons de l’Université Columbia, réduire son sommeil d’environ 80 minutes par nuit pendant six semaines suffit à entraîner une prise de poids moyenne d’environ 500 grammes.

Jusqu’ici, la plupart des recherches s’étaient intéressées à des situations extrêmes, où les participants dormaient à peine quatre heures par nuit, des conditions peu représentatives de la vie quotidienne.

Un manque de sommeil modéré mais courant

« Ces études montrent ce qui se passe dans des conditions extrêmes, mais ne nous disent pas si un manque de sommeil plus modéré – comme dormir 5 ou 6 heures par nuit – entraîne aussi une prise de poids », souligne Marie-Pierre St-Onge, professeure de médecine nutritionnelle et principale autrice de ce travail. « Or, ce manque de sommeil modéré est loin d’être rare : environ 30% des adultes seraient concernés. »

Pour mieux comprendre ces impacts, les chercheurs ont suivi 95 adultes habituellement bons dormeurs (7 à 8 heures par nuit). Pendant six semaines, les participants ont repoussé leur heure de coucher de 90 minutes, avant de retrouver ensuite leur rythme normal pendant une autre période de six semaines.

Un effet cumulatif à long terme

Résultat, les participants ont connu une prise de poids moyenne de 500 grammes. Si cette prise de poids peut sembler modeste, elle devient significative sur la durée. « Notre étude reproduit des habitudes de sommeil courantes. Si l’on extrapole sur une année, perdre moins d’une heure et demie de sommeil par nuit pourrait entraîner une prise de poids cliniquement significative », avertissent les chercheurs.

Par ailleurs, en plus de la prise de poids, les participants sont devenus plus sédentaires, passant en moyenne 17 minutes supplémentaires par jour sans activité. Cette augmentation atteignait près de 30 minutes chez les hommes et les femmes ménopausées.

Des mécanismes biologiques déjà identifiés

Les chercheurs ont également observé d’autres effets préoccupants dans des travaux précédents menés sur les mêmes participants. Chez certaines femmes, notamment ménopausées, le manque de sommeil a été associé à une augmentation de la résistance à l’insuline, un facteur de risque du diabète de type 2. D’autres analyses ont montré une hausse de l’inflammation au niveau du cœur chez des personnes à risque cardiovasculaire.

Si d’autres travaux sont nécessaires pour comprendre les mécanismes en jeu, « notre étude montre qu’un sommeil suffisant pourrait contribuer à réduire le risque de prise de poids et de maladies associées comme les maladies cardiovasculaires et le diabète », conclut Marie-Pierre St-Onge.

Source : Université Columbia (New York)

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