692 000 tonnes de métaux : les ressources nécessaires à l’IA donnent le tournis
Le développement de l’intelligence artificielle (IA) génère une demande croissante en métaux pour alimenter les centres de données, souvent qualifiés de « usines de l’IA ». Selon une étude publiée dans la revue Resources Policy, la consommation de métaux pour ces infrastructures pourrait atteindre 692 000 tonnes d’ici 2025, avec une prévision de 2,6 millions de tonnes d’ici 2035.
Les centres de données, qui abritent des serveurs informatiques, contiennent une variété de composants électroniques nécessitant des métaux et minéraux purifiés à des niveaux de pureté très élevés, souvent atteints grâce à des procédés chimiques complexes. Par exemple, un seul centre de données peut nécessiter environ 70 tonnes de métaux par mégawatt de puissance, une valeur qui peut tripler ou quadrupler en tenant compte des infrastructures électriques associées.
Les projets de centres de données en Île-de-France et dans le Nord de la France, nécessitant une puissance électrique totale de 13 GW, pourraient ainsi exiger près de 100 000 tonnes de métaux.
Les métaux essentiels comprennent les terres rares, qui sont indispensables pour la fabrication de semiconducteurs et d’autres composants électroniques. La majorité de ces ressources provient de zones d’extraction souvent marquées par des conflits et des violations des droits humains, notamment en Birmanie, où des milices armées contrôlent les sites d’extraction, causant des dommages environnementaux vastes.
En outre, la surconsommation de cuivre, un autre métal clé pour ces infrastructures, pose des défis environnementaux majeurs. En Andalousie, par exemple, l’exploitation minière de cuivre a entraîné une consommation d’eau équivalente à celle de 66 000 habitants, aggravant une crise hydrique dans une région déjà aride.
Ces chiffres soulignent l’impact environnemental et social croissant de l’IA et la nécessité de repenser les chaînes d’approvisionnement pour éviter des conséquences catastrophiques à long terme.
Source : Resources Policy

